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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Désir(s) : personnes simples, amours compliqués


Crédit Photo : Bodega Films


Markus (Andreas Müller) et Ella (Ilka Welz) sont amoureux. Ils partagent une relation simple et on pourrait même dire que ce sont des gens simples tout court. Ils vivent des jours plutôt paisibles dans la campagne allemande et pour Ella, Roméo et Juliette est une sorte de culte. Il est vrai que l'histoire de Roméo et de sa belle est terriblement romantique. Mais à trop rêver aux idéaux sentimentaux, on en oublierait presque l'immense souffrance et le destin tragique qui leur fut réservé. Le film de Valeska Grisebach s'ouvre sur un accident. C'est Markus qui en est le témoin car ,en plus de travailler comme serrurier, il est pompier volontaire. Un soir avec ses collègues , il s'oublie. Markus a beau être amoureux, il a l'air de se sentir terriblement seul. Dans une vie qu'il ne parvient pas à comprendre. Alors il boit et danse seul sur une musique de Robbie Williams (moment intense de cinéma, pour de vrai). Le lendemain au réveil il découvre qu'il n'est pas reparti seul de sa soirée. Il était aux bras de Rose (Anett Dornbusch), une serveuse. Ca n'aurait pu être qu'un coup d'un soir mais les deux amants vont se revoir et débuter une relation complexe puisque adultère. Le triangle amoureux commence.

Dans Désir(s) il y a le désir d'aimer, d'aimer profondément. Seul ou à plusieurs. C'est ce que souhaite Ella avec Markus. Elle le sait, elle l'aime de plus en plus alors que lui s'éloigne progressivement. Il y a aussi le désir de ne plus être seul. Ne pas être seul dans une relation, ne plus être seul dans la passion. Mais le désir c'est aussi vouloir ce que l'on a pas. Du sexe libéré, de l'attention...La réalisatrice a décidé de filmer ses personnages en gros plans dans leur quête. Elle permet ainsi au spectateur d'être au plus près de leurs émotions. Et ces visages qui défilent sur l'écran ne sont jamais glamourisés, ils sont le reflet d'un Monsieur Tout le monde, un peu comme pour montrer que n'importe qui pourrait vivre la situation de ces trois âmes simples en pleine détresse. Nous sommes devant des personnages d'une irrésistible banalité, incapables de s'exprimer avec les mots. Ils ne vivent pas dans les quartiers bourgeois et ne font pas de la psychologie à outrance. Ils agissent avec leur corps, ne cherchent de réponses ou de questions que dans les actes. Le destin leur échappe, la romance les perturbe. Valeska Grisebach nous montre que dans un triangle amoureux ce n'est pas le résultat qui compte. Peu importe qui finira avec qui, là n'est pas l'essentiel. Ce qui compte c'est de vibrer, d'oser tout bousculer pour mieux prendre conscience de ses désirs et de ceux des autres. Oser provoquer l'accident pour être libre.Le destin fait le reste. Voilà une oeuvre sensible, pleine d'humanité et d'instants de poésie volés.

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