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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Chrysalis : film d'anticipation à la française


Crédit Photo : Gaumont


Dans un futur proche, David Hoffman (Albert Dupontel), lieutenant à la police européenne, perd sa femme lors d'un combat musclé avec des truands particulièrement féroces. Suite à cette perte, il va vouloir se lancer corps et âme à leur recherche et retrouver la trace d'une petite fille disparue. Sa femme était aussi sa coéquipière, la voilà remplacée par Marie Becker (Marie Guillard), une jeune femme ordinaire et pistonnée. Hoffman et elle vont essayer de travailler ensemble mais vont rapidement être pris de court. Sous une potentielle affaire de meurtre se cache un cas nettement plus complexe et vicieux. La vérité se trouve peut-être dans l'étrange clinique que dirige le professeur Brügen (Marthe Keller). Cette femme extrêmement froide semble mener d'étranges expériences liées à la mémoire. Sa fille, la fragile Manon (Mélanie Thierry), y est enfermée suite à un accident qui aurait dû lui coûter la vie. Que cache le professeur Brügen, quel système est en train de se mettre en place ? Qu'est devenue la petite fille disparue ? Qu'est-ce que Chrysalis ? Les réponses viendront, entre deux  scènes d'action particulièrement musclées.

La scène d'introduction avec Mélanie Thierry et Marthe Keller donne le ton : Chrysalis ne fera pas dans la dentelle : ça va péter. Le premier film de Julien Leclercq a dû faire face à une critique particulièrement sévère qui lui a à l'unanimité reproché d'avoir livré un film d'action/d'anticipation sans scénario. Quand on voit les plans défiler, on se dit que nos amis journalistes sont parfois très durs. Mettre zéro étoile à un film qui a nécessité tant de travail frôlerait presque le manque de respect. Certes, le scénario de Chrysalis aurait gagné à être plus étoffé, plus dense. Certes les scènes d'action prennent parfois trop d'importance sur l'intrigue et ne sont pas toujours aussi spectaculaires qu'annoncées (la chorégraphie sonne parfois faux).

Mais force est de constater que Julien Leclercq a créé avec son Chrysalis un véritable univers, digne des films d'anticipations américains. Et digne ne veut pas dire "copié" car ce qui mérite vraiment les applaudissements c'est qu'on retrouve dans le style, la photographie,l'utilisation du son, les décors, une véritable touche française. C'est léché, propre, souvent glacial mais sacrément enivrant, intrigant. Autre point fort : les personnages. Un lieutenant perdu, une équipière blonde parfois un peu bête mais très attachante et sensible, une mère ignoble à glacer le sang, une jeune victime profondément touchante...Les premiers comme les seconds rôles existent dans cet autre monde que nous décrit le réalisateur. On le suit, on les aime.
Peut être plus complexe qu'on ne pourrait le penser, Chrysalis se révèle être au final une oeuvre particulièrement bien ficelée, une promesse. Car si le film est loin d'être parfait, il révèle un réalisateur à part dans le cinéma français. A suivre.

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