Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Les Acacias
Entrecoupés d’extraits de films et de publicités, les témoignages de travailleurs et de travailleuses s’enchainent à l’écran. Le constat n’est pas très optimiste. Si on a besoin du travail pour vivre, pour exister socialement, celui-ci ne nous permet que très rarement de nous épanouir. Pire : que l’on soit « en bas de la chaine » ou plutôt « en haut », le même malaise ressort. Les ouvriers à l’usine s’usent la santé et se voient traités comme du bétail, licenciables du jour au lendemain en cas de plans sociaux. Les employés des services marketing, ces jeunes loups tout droit sortis des écoles de commerce, oublient de plus en plus le facteur humain, aveuglés par l’obsession de réussir absolument leurs fameux objectifs. Stress, pression, compétition : voilà de quoi nous ramener directement à la signification initiale du mot travail : tripalium, torture.
Aujourd’hui tout est urgent, aujourd’hui tout est « marketé », aujourd’hui même les liens entre collègues sont orchestrés par les chargés de communication interne. Plus de sincérité, de moins en moins de solidarité. Et pourtant, le travail est pour beaucoup de français ce qui compte le plus dans leur vie. Masochisme ou illusion ? Plongés dans la société de consommation, chacun passe son temps à chercher à créer le désir , à vendre encore et encore, et toujours plus. Les nouvelles technologies nous renferment de plus en plus sur nous-mêmes (communication par mail avec un collègue juste à côté de nous, licenciements par mails !) Quelque chose ne va pas. Les psychologues et professeurs nous poussent à nous poser des questions, à se poser un peu et réfléchir. Comment arrêter la machine ?
Très bien rythmé, humaniste et passionnant, voilà un film à part entière qui n’a pas peur d’amener ses spectateurs à se remettre en cause. Nécessaire.