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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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La forêt de Mogari : survivre aux morts


Crédit Photo : Haut et Court


Machiko (Machiko Ono) travaille dans une maison de retraite. Un quotidien banal. Parmi les pensionnaires il y a Shigeki (Shigeki Uda), un vieil homme qui se comporte de façon bien étrange. Intriguée, Machiko ne va pas baisser les bras et tenter de comprendre cet homme solitaire. Elle va découvrir qu'il a ,comme elle, perdu un être cher.

Si vous n'aimez pas les films contemplatifs, La Forêt de Mogari risque d'être un sacré calvaire pour vous. Car Naomi Kawase prend son temps, aime à rester plusieurs minutes à filmer la nature, à scruter les silences. Si c'était gratuit, on lui jetterait bien la première pierre. Mais le fait est que ce nouveau long-métrage est extrêmement riche. Dès le début, la réalisatrice nous berce, nous fait planer, nous envoute. Le ciel est clair, il y a du vent, l'herbe danse. Le thème principal étant le deuil , le retour à la nature était assez inévitable. D'abord décorative, Mère Nature va progressivement devenir un personnage à part entière dans l'intrigue. Les arbres, les mouvements de l'herbe, le vent : autant d'éléments, de symboles qui laissent entendre que les morts sont parmi nous. Les fantômes du passé, les esprits des êtres chers qui nous ont quitté. Pas de dialogues artificiels, que des plans plus sublimes et inspirés les uns que les autres. La Forêt de Mogari est un film qui se contemple, un film où tout en regardant les plans fixes on s'interroge sur nous-mêmes, on se remémore des passages douloureux de notre vie. Très calme et poétique, l'oeuvre prend son envol dès lors que les personnages de Shigeki et Machiko se retrouvent dans la forêt suite à un accident de voiture.


Au milieu des arbres et de la quiétude de la nature, les personnages réfléchissent, ouvrent leurs plaies, se soulagent. Quête intérieure qui donne le frisson, retour à la terre, à l'élémentaire. Avec une belle simplicité, Kawase nous rappelle que nous ne serons plus que poussière quand le moment sera venu. Nous ne serons plus que papier d'un journal intime, que corps sous la terre. En attendant, nous perdons des compagnons de route et cela fait mal. Pour se retrouver, les personnages ici avaient besoin d'être à deux, isolés du monde moderne. Pour se vider la tête, le coeur; pour partager, être compris et surtout pour être libres. C'est beau.

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