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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Voleurs de chevaux : histoires entre frères


Crédit Photo : Rezo Films


En 1856 à l’Est, deux jeunes frères, Jakub (Adrien Jolivet) et Vladimir (Grégoire Leprince-Ringuet) rêvent de devenir cosaques. Mais ils sont pauvres et sales…Grâce à la détermination de Jakub, ils parviennent tout de même à rejoindre une troupe. Mais l’initiation est bien plus rude que prévue : chacun ,de manière différente, va subir de nombreuses humiliations. Alors que Jakub encaisse, son jeune frère Vladimir, sensible et fragile, a du mal à s’intégrer à l’ambiance bestiale et virile de leur camp.
Alors que les choses semblent s’arranger pour eux et qu’ils prennent un peu de bon temps en se baignant, deux autres frères leur volent leurs chevaux. Jakub s’en aperçoit et se met à les provoquer. Peut-être n’aurait-il pas dû : l’ainé de ces deux frères ennemis, Roman (Grégoire Colin), s’énerve et tue sur place Vladimir. Jakub, qui a tout perdu, va alors décider de retrouver Roman et se venger…

Il ne faut que quelques minutes à Micha Wald pour instaurer une véritable ambiance. Les plans sont beaux, la musique superbe…C’est inspiré. Avec un budget réduit il parvient à créer un véritable univers, presque hors du temps. Voleurs de chevaux apparaît alors comme une sorte de fable. Dans l’univers très masculin des cosaques, Adrien Jolivet et Grégoire Leprince Ringuet livrent des interprétations très justes et il en va de même pour Grégoire Colin et François-René Dupont. Ils ont tous « une vraie gueule » et expriment des sentiments aussi contraires que passionnants. Entre bestialité et sensibilité.


C’est un film sur l’initiation mais avant tout sur la fratrie. Deux histoires de frères et deux fois le même schéma : l’ainé fort et viril et le cadet frêle et sensible. Micha Wald filme les moments d’opposition et de tendresse avec une certaine grâce et donne à son récit une touche sensuelle inattendue. Pendant une heure trente, on s’évade, on prend plaisir à suivre leurs aventures. Il y a parfois des maladresses mais le jeune réalisateur filme avec une telle liberté et une telle délicatesse l’histoire de ces liens et évènements complexes qu’il est difficile de résister. Il y a là un véritable espoir de cinéma.

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