Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)
Crédits Photos : Paramount Pictures France
Dans l’Amérique des années 80, les rues sont agitées, la majorité des gens désespérée et le chaos plus proche que jamais avec la menace d’une guerre nucléaire. Dans ce climat trouble, Rorschach (Jackie Earle Haley) déambule masqué dans la ville et nous fait partager en voix-off ses désillusions. Il est particulièrement sonné par la mort du Comédien (Jeffrey Dean Morgan) un de ses anciens partenaires de combat. En effet, il fut un temps où Rorschach, le Comédien mais aussi Le hibou (Patrick Wilson), Le spectre soyeux (Carla Gugino), Ozymandias (Matthew Goode) et le Docteur Manhattan (Billy Crudup) rétablissaient l’ordre dans le pays et le monde. Mais ce temps est révolu et ils sont désormais tous à la retraite. Rorschach va tenter de reformer leur bande, les Watchmen, pour affronter un terrible complot. Mais cette nouvelle mission risque de s’accomplir dans de terribles circonstances…
Tout d’abord je tiens à avouer que je n’ai pas lu la graphic novel Watchmen. C’est un élément à prendre en compte car forcément mon point de vue sur le film ne sera pas le même que celui d'un fana de cette saga, attendant une adaptation rigoureuse. Zack Snyder nous offre un générique de toute beauté et instaure dès les premières minutes une ambiance particulière, presque dépressive mais toujours soigneusement mise en lumière. Affichant une durée conséquente de 2h43, Watchmen tente le pari (forcément très ardu) de satisfaire les amateurs de l’œuvre originale comme les néophytes. Il n’y arrive pas tout à fait. Il faut un certain temps pour se plonger dans une intrigue plutôt complexe et parvenir à s’attacher aux multiples personnages. Le scénario réinvente l’Histoire des Etats-Unis en y incorporant des super héros au rôle décisif. Il est important de préciser que Watchmen se révèle très différent des blockbusters de super héros habituels : la démarche se veut ambitieuse, désireuse de livrer de l’action mais surtout des réflexions historiques et philosophiques.

Pour le coup, en sortant de la salle on ne sait pas trop quoi penser. Ce long-métrage est truffé de pistes de réflexions assez passionnantes mais ne les creuse que trop rarement pour bien remplir son contrat d’entertainment. Force est de constater en tout cas que Zack Snyder a fait des progrès depuis 300 (film esthétiquement branché et impressionnant mais au scénario aussi léger que les slips de ses héros). Désormais, il essaie de conjuguer forme et fond. La réalisation est d’ailleurs à l’image du film : un mélange de plans réjouissants pour ce genre de production, une photographie très soignée puis parfois des moments complètement kitsch et improbables qui font tâche ou prêtent à sourire involontairement (scène de sexe avec Patrick Wilson assez hallucinante de ringardise). A de nombreuses reprises la tentation de décrocher est là. On sent bien le poids terrible qui repose sur les épaules du cinéaste et la confusion s’instaure un peu trop à l’écran.
Adaptation soignée, complexe mais inégale, Watchmen fait un peu figure d’OVNI dans le paysage des films de super héros. Il devrait donc, à n’en pas douter, susciter de vives réactions, positives ou négatives. Pour ma part, je ne sais franchement pas quoi en penser…Les amateurs du graphic novel qui souhaitent apporter des précisions peuvent le faire dans les commentaires ;)
Sortie en salles le 4 mars 2009
Film vu lors de la troisième soirée Allociné Family&Friends