Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Pyramide Distribution
Jack (Andrew Garfield), 24 ans, va enfin retrouver sa liberté. Pendant des années, il était en prison pour un crime que l’on découvrira progressivement. Nouvelle identité, nouvelle vie, nouvelle chance pour ce garçon d’apparence sensible et taciturne. Pour l’aider à recommencer du bon pied, Jack peut compter sur Terry (Peter Mullan), un homme qui l’a suivi pendant des années et prend la figure d’un père de substitution. Dans une nouvelle ville où il doit trouver ses repères et enterrer son sombre passé, le jeune homme parvient rapidement à trouver du travail et à construire de nouvelles amitiés. Mieux : il tombe amoureux pour la première fois. L’heureuse élue s’appelle Michelle (Katie Lyons) et c’est une collègue de travail. Alors que Terry s’émerveille de la rédemption spectaculaire de son protégé, il doit également veiller sur son fils qu’il n’a pas vu depuis des années…
Primé au Festival de Dinard en 2008, Boy A suit la rédemption optimiste puis fataliste d’un jeune homme passé à côté de son adolescence. Tout le début du film est assez lumineux, plein de promesses. Jack redécouvre la vie. Les folles soirées en discothèque, les moments privilégiés avec les amis, l’ivresse du premier amour…Le réalisateur John Crowley délivre une réalisation soignée, sensorielle, souvent poétique. Chaque plan est une petite merveille. Les amateurs de films indépendants et de portrait de jeune homme perdu ne pourront que tomber sous le charme de ce long-métrage extrêmement sensible. Et cette sensibilité, Boy A la doit en partie à son interprète principal, Andrew Garfield, tout simplement extraordinaire. Ce jeune acteur a une grâce peu commune et donne à son personnage une humanité, une fragilité incroyablement touchantes.
On le sent bien : Jack est un garçon qui peut se briser en deux secondes, toujours sur le fil. Le regard curieux, lumineux, il ne demande qu’à retrouver un peu de bonheur. Mais dans son regard se lit aussi la peur, le souvenir de vieux démons que la presse poubelle anglaise se plait à raviver dans ses colonnes pour combler des lecteurs qui ont besoin de bouc émissaire. Les relations entre les différents protagonistes, le travail sur le son et la lumière, le retour à la vie : tout sonne juste et apparaît comme très maitrisé. Si on pourra regretter une fin un peu trop larmoyante en décalage avec la subtilité qui régnait jusqu’alors, Boy A est une œuvre qui prend aux tripes, un film attachant qui dresse le portrait d’un criminel superbement humain face à une société, elle, particulièrement repoussante.
Film sorti le 25 février 2009