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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Wendy and Lucy : Michelle Williams bloquée en Oregon

 

Crédits Photos : Epicentre Films

Wendy (Michelle Williams) n’a pas d’amis et très peu d’argent. Son seul compagnon de route est un chien qui répond au nom de Lucy. Déterminée à aller en Alaska pour trouver du travail, Wendy a prévu son voyage avec le peu de cash dont elle disposait. Mais voilà que son parcours s’arrête net dans l’Oregon : sa voiture tombe en panne. Le début d’une petite descente aux enfers face à une société qui broie les plus faibles. Désireuse de faire des économies, Wendy vole à la superette du coin quelques provisions pour elle et son chien. Mais elle se fait attraper et est placée en garde à vue. Pendant ce temps, la chienne Lucy est attachée à un poteau devant le supermarché. Quand Wendy revient la chercher, elle n’est plus là…

 

Kelly Reichardt avait enchanté bien des spectateurs avec son précédent film, Old Joy, planant, sensoriel et terriblement humaniste. Représentante d’un cinéma indépendant américain de plus en plus rare de nos jours, l’artiste travaille à côté de son boulot de prof de cinéma dans une Fac. Comme Old Joy, Wendy and Lucy a donc été tourné avec des moyens extrêmement restreints et est le résultat d’une équipe d’amis soudée, la plupart ayant travaillé gratuitement sur le film. Toujours dans la continuité de Old Joy, Kelly Reichardt poursuit sa collaboration avec l’auteur Jonathan Raymond. Ils ont développé ensemble l’intrigue puis Raymond a poursuivi dans son coin sa nouvelle, Train Choir, avant de la voir adapter pour le cinéma.



Arrêtons donc la comparaison avec le long-métrage précédent de la réalisatrice, Wendy and Lucy existe bel et bien par lui-même. Déjà pour la simple et bonne raison que cette œuvre d’à peine 80 minutes est portée par une actrice extraordinaire : Michelle Williams. Cette dernière livre un jeu intériorisé absolument réjouissant et souvent bouleversant. Son regard suffit à faire comprendre la détresse que ressent Wendy face à un monde qui ne cesse de la pousser vers la marginalisation. Entre un employé de supermarché zélé, un poste de police étouffant, une sœur fauchée et un garagiste antipathique : les rencontres de la demoiselle n’ont rien de bien réconfortant. Peut-on encore croire en son prochain aujourd’hui ? Kelly Reichardt refuse tout manichéisme et montre que parfois l’entraide existe encore (le fameux agent de sécurité, d’abord hostile, se révèlera être un soutien déterminant pour Wendy).

 

Bien que le film soit majoritairement tourné en extérieur (l’idéal pour respecter un budget réduit), on a la constante impression que Wendy évolue dans une prison invisible. On ne voit pas les barreaux, mais les barrières se multiplient. Comme le dit l’agent de sécurité dans le film à un moment : « Pas d’adresse sans adresse, pas de boulot sans boulot ». Ceux qui n’ont pas la chance d’être parti du bon pied ne cessent de se retrouver fragilisés. Alors que la cinéaste effectue un traveling dans une fourrière, on ne peut s’empêcher de faire une comparaison entre la situation de la femme et de sa chienne. Wendy a une véritable vie de chien, elle est tenue en laisse par des institutions, des forces qui lui échappent. Et comble de l’ironie : de nos jours, il se pourrait bien qu’un chien s’en sorte mieux qu’un être humain…



On pense au cinéma des Frères Dardenne pour le côté film social et un brin fataliste mais Wendy and Lucy s’en différencie considérablement. Kelly Reichardt a son propre univers, son cinéma, avec de nombreuses séquences dans la nature où le travail sur le son est à tomber et une belle collection de plans aussi modestes que stupéfiants de beauté. Une œuvre libre, très sensible et magnifiée par une interprète d’une grâce toute particulière.

 

Sortie en salles le 08 avril 2009

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V
Oula c'est Michelle qui te met dans de tels états ? Citer carrément les Dardenne en comparaison à Kelly Reichardt, c'est que le film doit valoir le coup !
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V
<br /> C'est un des deux beaux films que Michelle Williams a présenté au Festival de Cannes en 2008 (l'autre étant Synecdoque NY qui est encore mieux que Wendy and Lucy!) Je te laisse te faire ta propre<br /> opinion lors de sa sortie en salles. Je ne dirais pas que c'est un "film qi vaut le coup", c'est une oeuvre modeste, fataliste par moments mais aussi disposant d'une belle poésie des plans. Pour ma<br /> part, j'aime, j'aime , j'aime :) Et je ne boude pas mon plaisir de voir Michelle Williams en tête d'affiche d'une oeuvre pareille ;)<br /> <br /> <br />