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Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, l’évènement de ce début d’année 2009 pour votre Voisin Blogueur c’est la sortie de l’album Fantomatisme, quatrième opus d’Holden après Chevrotine, Pedrolira et L’arrière Monde.
Ca y est, après des mois d’attentes, le disque est arrivé chez moi. Dans la chaine hifi, sur mon I Tunes et dans mon IPod. Et il est temps pour moi de vous dire que ma plus grande et ma plus belle émotion de l’année sera musicale. Ce disque m’a donné la chair de poule, émerveillé, me faisant passer d’un enthousiasme rare jusqu’au bord des larmes. Parfois on aime tellement quelque chose qu’on a envie de le crier à la terre entière, ce Fantomatisme me fait cet effet là et il est bien parti pour rythmer mes balades parisiennes, mes voyages en train, mes nuits noires ou mes matins heureux.

Ca commence par Les animaux du club. Un sample qui nous avertit : « Il faut faire attention ». Et c’est tellement vrai pour ce disque plein de petits secrets, de trésors sonores, de paroles douces, poétiques autant que désabusées. « Le silence m’ira comme un gant de velours. Quel heureux couplet je n’aurais plus jamais envie d’être aimé, oh non. C’est trop fatigant d’être une flammèche qui se tord de douleur. A peine allumée je retourne vers le grand sommeil » chante Armelle Pioline sur ce premier titre d’une richesse inouïe, aérien à souhait, léger et en même temps si triste.
Le disque s’annonce comme un véritable voyage musical, nous faisant passer par tous les états. Deuxième morceau, Dans la glace , sur l’usure amoureuse. Formule habituelle et imparable : paroles tristes, air entêtant, de la magie dans tous les coins. Sur un blog qui retraçait le making-of de Fantomatisme, Armelle Pioline avait déclaré « La session protools dudit morceau ressemble à une grosse boîte de bonbons multicolores, on a envie de la manger, à défaut on l'écoute encore et encore... » Et c’est exactement ça !
Troisième titre, troisième énorme coup de cœur. Ca s’appelle Mia. Le prénom de la fille d’Armelle Pioline et Mocke. Une chanson espiègle, très rythmée, tubesque en diable. Une mélodie idéale pour des balades insouciantes au soleil. « La vie est un sirop qu’on boit au bord de l’eau. Le monde est une bille, qu’on frotte et puis qui brille ». On a l’impression de redevenir un gosse, les beaux jours reviennent, on s'envole.

Suivent La fin d’une manche et Un toit étranger. Deux morceaux qui à priori sont de facture plus classique. Erreur. Ils sont ponctués d’envolées étonnantes, enivrantes. « Devons-nous payer de notre corps, sommes-nous des astres morts ? » fredonnent Armelle et une bande d’amies chiliennes improvisées en mini-chorale pour l’occasion. Soudain, on ne sait plus où on est.
Puis elles arrivent, Maureen, Katie, Maya aussi. On retrouve les cieux, le côté planant et aqueux que l’on avait pu ressentir sur un titre comme L’essentiel, présent sur l’album Chevrotine. Un titre mystérieux, poétique à souhait. On commence à se dire que c’est décidément très grand tout ça. Alors que quelques secondes auparavant la voix se demandait « Combien de fois ais-je dormi sous un toit étranger ? Je ne compte plus le passé », elle se laisse maintenant emporter, elle divague sous le soleil et clame « Qui sait l’inconsistance de l’été ».
Plus minimaliste est le morceau suivant, Longue est ma descente. "On m’attendait pas ,d’aussi bien que je me souvienne, des fourmies dans l’âme , d’aussi loin que je me souvienne. Longue est ma décente ".

On enchaine avec Où sont vos bras messieurs , une vraie balade romantique. Les slows intelligents existent ? On a envie d’y croire. C’est le moment déprime de l’album, ou plutôt de la mélancolie car on est rattrapé par la douce voix de la chanteuse que l’on imagine instantanément en train de nous susurrer ces paroles dans un décor identique à la pochette du disque. On se sent tout de suite moins seul.
Allez, pas le temps de se perdre dans nos fantômes passés ou nos craintes futures. Fantomatisme continue de résonner dans nos oreilles et le morceau suivant nous fait à nouveau décoller. Ca s’appelle Les grands chevals. « Rien n’est jamais assez beau, regarde ces vautours qui parlent au bord de l’eau. Regarde là-bas on s’approche des grands chevals. Tu peux manger dans leur main si ça te chante. Feindre de n’y comprendre rien et garder l’œil vers le pauvre monde en cavale ». Et de pousuivre « Entre nous passera le soleil, quelque chose de vaste ou d’éphémère ». Le tout ponctué de montées vertigineuses. Là, tout de suite, on a juste envie d’être amoureux, de tout quitter.
Holden connaît une grande notoriété au Chili (c’est même désormais là que le groupe enregistre ses albums). Fantomatisme rend hommage à sa manière à ce public avec la reprise de la chanson « La carta » de Violetta Parra. Parenthèse politique.
Le voyage s’achève sur une rupture. La chanson s’appelle Je dois m’en aller. Et on a pas envie qu’ils s’en aillent Armelle, Mocke et leurs amis. Alors on réécoute encore et encore leur disque. C’est un beau voyage qu’on peut relancer à l’infini. Une histoire qui au fil du temps, au gré des humeurs, trouvera de nouvelles résonances.

Un long post pour un énorme coup de cœur. Pour un groupe français à part, qui propose quelque chose de beau et d’intelligent. Un groupe qu’on aime pour son univers, avec lequel on partage nos peines de cœur et nos excès de bonne humeur. Un groupe accessible, généreux en concert. A moins d’être allergique à la chanson française, faites moi plaisir et allez m’écouter ça au plus vite :) Page Myspace de Holden.