Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Copyright : Universal Pictures
UN FILM DE HENRY SELICK
Coraline et ses parents emménagent dans une nouvelle maison. La fillette ne dispose que de peu d’affection de la part de ses géniteurs, ces derniers étant trop occupés à travailler pour sortir de leurs galères financières. Délaissée, Coraline s’ennuie. Elle croise le chemin de Wibie qui lui offre une mystérieuse poupée à son effigie. Cet objet proviendrait de la grand-mère de Wybie…Quelques temps plus tard, notre héroine découvre une porte secrète dans sa maison. Condamnée, la porte s’ouvre la nuit et l’emmène dans une version parallèle de sa propre demeure. Mais dans cet autre monde, Coraline trouve des parents hyper attentionnés, un jardin magique, des jeux à gogos, de la bonne cuisine…Seul détail curieux : les parents alternatifs de Coraline ont des boutons à la place des yeux. De plus en plus tentée de quitter son monde fait de solitude et frustrations, la fillette va tous les soirs (puis la journée) dans son autre maison où tout n’est que magie et divertissement. Mais tout cela n’est-il pas trop beau pour être vrai ?
Henry Selick fut longtemps dans l’ombre de Tim Burton. C’est pourtant bien lui qui a réalisé L’étrange Noël de Monsieur Jack ou James et la pêche géante. Coraline devrait lui permettre d’être enfin estimé à sa juste valeur. C’est un voyage tout particulier que nous propose là le réalisateur. Un voyage audacieux qui vaut au film d’être doté d’un avertissement pour les plus jeunes. Il faut dire que ce long-métrage d’animation contient son lot de zones d’ombres, jouant avec certaines peurs ou cauchemars issus du monde de l’enfance. Le scénario est assez classique évoquant un Alice au Pays des merveilles moderne. Mais curieusement, ce n’est pas l’histoire qui fait de Coraline une réussite.

Nous sommes là devant un film d’ambiances et de sensations. Et pour que ces dernières soient décuplées, il est chaudement recommandé de découvrir le film en 3D. Pas d’effets de fête foraine ici mais une utilisation réjouissante de la profondeur du champ, pleins de petits détails qui émerveillent. Un passage comme la découverte du jardin parallèle a de quoi faire tourner la tête. En embarquant dans Coraline, on prend un ticket pour retourner dans nos vieux rêves et angoisses passées. On se laisse guider, on vit et ressent cette aventure aux couleurs d’une beauté foudroyante. La première partie du film est ainsi un enchantement mais on se doute bien que la petite fille va déchanter. Comme si le bonheur n’existait pas, comme si avec nos yeux plus adultes on se doutait que pareille utopie ne pouvait arriver sans quelques zones d’ombres.
Au final, Coraline est un film de passage. Le passage de l’enfance à l’âge adulte. En allant à la découverte d’un monde parallèle, Coraline refuse de grandir, se laisse dorloter. Mais il y a un jour où il faut ouvrir les yeux et accepter la réalité telle qu’elle est, avec ses difficultés et désenchantements. Teri Hatcher est une excellente voix pour « l’autre maman » du film, c’est pourquoi je vous conseillerai de découvrir ce spectacle (car c’en est un) en VO. Bon voyage à tous !
Film sorti le 10 juin 2009