Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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UN FILM DE SHANE MEADOWS
Tommo (Thomas Turgoose) est un jeune adolescent en fuite permanente. Pas de famille, pas vraiment d’amis, il quitte les Midlands pour débarquer à Somers Town, quartier situé au centre de Londres. Il traine et dort dans les rues, son sac est tout ce qu’il a. Mais après une rencontre malheureuse avec une bande de voyous, Tommo se retrouve sans rien pour survivre. Le destin va lui faire croiser le chemin de Marek (Piotr Jagiello), un garçon de son âge d’origine polonaise et passionné de photographie, qui se sent étranger dans la ville. Son père n’est pas assez présent et boit souvent trop. Si les bases de la relation entre Tommo et Marek sont plutôt conflictuelles, elles donneront lieu progressivement à une amitié rythmée par les bêtises de jeunesse, la soif d’aventure et le premier amour…
Shane Meadows revient sur les écrans après This is England et il est une fois de plus accompagné de son jeune acteur Thomas Turgoose. Somers Town a un parfum de film de la Nouvelle Vague (on pense forcément aux 400 coups ou encore au Petit Fugitif). Parfum mêlé à celui plus amer du film social anglais. L’errance de Tommo comme le portrait de reconstitution/destruction de la famille d’immigrés de Marek donnent lieu à des scènes sensibles et touchantes. Mais si Somers Town ne tient pas à passer sous silence les difficultés du quotidien des laissés pour compte, il multiplie aussi les scènes plus fantaisistes, légères, les premières découvertes…

On fond notamment sur la relation entre les deux jeunes ados et une serveuse française, Maria, qui va représenter leur fantasme ultime. Le temps d’une scène où ils la promènent dans un fauteuil roulant, les fantômes de Jules et Jim semblent convoqués. Néanmoins, Shane Meadows n’invente rien. Il livre un film intemporel, old school, une œuvre qui se savoure pour ses personnages bien croqués et son ambiance douce-amère plutôt que pour un scénario vraiment surprenant ou audacieux. Du côté de la réalisation, les plans sont souvent beaux, bien composés, même si à titre personnel la teinte particulière du noir et blanc choisie ne m’est pas toujours apparue d’un très bon goût.
D’une durée idéale de 1h11, Somers Town est comme une bulle de savon : c’est léger, ça peut éclater facilement mais c’est tout à fait charmant.
Film sorti le 29 juillet 2009
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