Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Difficile de passer à côté de la Grippe A depuis plusieurs mois. Comme à leur triste habitude, les médias se sont emparés du sujet pour générer une paranoïa générale avant de nuancer les dangers du virus. Chanceux comme je suis, j’ai attrapé la grippe A cette semaine. L’occasion de vous livrer un mini carnet de bord et de vous laisser juger par vous-même de l’ampleur de la maladie, son évolution etc…
JOUR 1 : PREMIERS SYMPTOMES
Je sors du cinéma, j’ai un joli mal de gorge. Rien de grave, me dis-je, la clim des salles fait toujours des ravages en cette période de l’année et la météo changeante peut bien me réserver une petite angine. Je rentre chez moi, décide de me reposer. Le lendemain je dois donner un coup de main à un bureau de presse pour la semaine. Pas envie d’être malade pour la reprise. Mais plus la soirée passe, plus un mal de tête s’impose accompagné de courbatures. Je me couche tôt, croisant les doigts pour que ça passe.
JOUR 2 : LES CHOSES SE CORSENT
Réveil violent vers 04h du matin. Grosse fièvre, hallucinations : la tête tourne et j’ai l’impression d’avoir des cadavres qui bougent autour de moi (voilà ce qui arrive quand on regarde trop de films). Je délire, gémis, transpire…Alors que je tente de me lever pour boire un verre d’eau je réalise que mon corps est comme endormi. Je flippe. Je reste allongé jusque 8h et à ma plus grande joie, la fièvre retombe un peu. Reste un mal de gorge assez désagréable, sensation de flottement : rien qui puisse m’empêcher d’aller bosser toutefois.
Ma journée de travail se passe plutôt bien, j’arrive à prendre sur moi, être souriant, ne pas montrer que je suis légèrement souffrant. Ce n’est pas une énorme journée, je peux partir du bureau à 18h. Je vais chez un médecin qui consulte sans rendez-vous de 18h à 20h. Seulement deux patients avant moi, mais les consultations durent à chaque fois plus de 40 minutes. Dans la salle d’attente il fait chaud, je commence à me sentir mal. Un charmant jeune homme arrivant dans la pièce, cela m’occupe un peu l’esprit.
Mon tour finit par arriver. Le médecin m’ausculte, me pose des questions. « Peut être que c’est la grippe A » lance-t-il. Il me dit qu’il faut attendre au moins trois jours, voir si ça s’aggrave et dans ce cas revenir le voir. Il me prescrit juste du Doliprane.
Je rentre chez moi, me couche. La nuit est agitée, grosse fièvre. Je ne dors pratiquement pas de la nuit.
JOUR 3 : CONFIRMATION ET ENFER
A l’heure de partir au boulot je me sens très faible. A peine arrivé au bureau je préviens mon patron de la possibilité d’avoir la grippe A et donc d’être contagieux. Il m’envoie chez son médecin en urgence. Ce dernier me fait un prélèvement dans la gorge, me dit que tout est viral et que vu mes symptômes j’ai sans aucun doute la grippe A ! Il me donne des masques pour mes déplacements dans les lieux publics et me prescrit du Tamiflu. Arrêt de travail jusqu’à la fin de semaine. Mise en quarantaine jusqu’à vendredi au mieux et dimanche au pire.
Malgré la prise du médicament, mon état ne s’améliore pas. Au contraire, il se dégrade alors que je reste continuellement allongé. Mal de gorge terrible, nez qui coule, fièvre et puis des problèmes de respirations assez flippants (j’ai des antécédents d’asthme). Par moments j’ai l’impression que je vais mourir, que je n’ai plus d’air. Je finis par vomir plusieurs fois et me rend compte que cela me soulage. Je précise que jusqu’alors j’ai très peu mangé : depuis le début des symptômes j’ai perdu l’appétit.
Nuit atroce dans la sueur, à vomir et à me sentir comme dans l’Exorciste. Des amis m’appellent pour me remonter le moral mais j’ai du mal à parler à cause de mon mal de gorge et de mon nez qui s’est bouché.
JOUR 4 : L’HOMME MASQUÉ

Dès mon réveil je sens une progression. Moins mal à la tête, mal de gorge léger, surtout de la toux. Pendant la journée, j’arrive à marcher plus ou moins normalement. Je vais faire des courses. Grand moment de solitude alors que je titube dans les rayons avec mon masque vert. Les gens me dévisagent, semblent effrayés. Je recevrai plus tard un message de Cinémaniac qui me propose de m’aider si besoin pour les courses. C’est quand même la seule à Paris à avoir proposé de l’aide (tous mes amis sont en Province et mes rares amis parisiens sont en vacances ou étaient trop occupés) et je l’en remercie.
L’appétit revient, la maladie s’apaise. Fin de journée je me sens presque bien même si la toux est parfois violente. Je dois rester un maximum allongé, ne pas rester trop devant mon écran (cela me donne mal à la tête), je fixe alors ma peluche qui m’accompagne dans le lit. Le temps passe lentement…Sur Facebook ou Twitter les gens m’envoient des petits messages, ça fait du bien.
JOUR 5 : TAMIFLU SAVED MY LIFE
Un grand mieux. J’arrive à parler, marcher, je respire presque normalement, plus que de la toux. Le soir il y a le concert de Superbravo (projet solo d’Armelle Pioline) à l’International. Très forte envie d’y aller. Mais si je vais mieux, je ne suis pas encore au top et probablement encore contagieux.
Dur de renoncer à ce concert que j’attendais tellement…Je décide d’être sage et de rester chez moi jusqu’au lendemain où je pourrais dire « adieu » à ma quarantaine. Le mal de tête parti, je peux rester plus longtemps sur Internet, regarder des podcasts. Je commande une bonne pizza : l’appétit est définitivement revenu. Finalement il n’y a eu que deux jours de douleur, la grippe n’ a pas tenu si longtemps. Beaucoup moins spectaculaire que ce à quoi je m’attendais (plus facile à dire maintenant que la douleur des premiers instants est derrière moi mais franchement il n’y a pas de quoi en faire tout un cinéma).