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Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

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Hôtel Woodstock : musique, liberté, partage, plaisir



Copyright : Universal Pictures

UN FILM DE ANG LEE

 

Elliot (Demetri Martin) est de retour dans la bourgade de ses parents, White Lake. Contrairement à sa sœur qui a définitivement coupé le cordon, Elliot ne peut refuser un service à sa mère tyrannique, propriétaire d’un terrain et hôtel miteux au bord de la faillite. Le jeune homme ne lésine pourtant pas sur les moyens pour remettre en route le petit business familial : il supervise le conseil local, a créé un petit festival de musique et loge une bande de comédiens de théâtre dans sa grange. Mais la banque ne veut rien savoir et la fin semble approcher à grands pas. C’est alors qu’Elliot lit dans le journal que le concert de Woodstock a été décommandé dans sa ville initiale, le coin ne désirant pas voir arriver une horde de hippies aux mœurs trop légères. Spontanément, notre boy next door contacte les organisateurs et voilà que Woodstock se met en place dans le bled paumé de White Lake. Les habitants sont furieux à l’idée de voir débarquer des milliers de personnes. Et ce n’est qu’un début : en conférence de presse, Elliot annonce que la manifestation sera gratuite. Quelques jours plus tard, plus de 500 000 personnes se presseront pour trois jours de paix et de musique…

 

Ceux qui s’attendaient à découvrir les coulisses et anecdotes du concert de Woodstock vont être surpris. Ang Lee ne montre pas de prestations scéniques dans ce projet qui se veut plutôt intimiste. C’est une approche inattendue et assez intéressante. Le cinéaste préfère montrer comment l’évènement Woodstock a changé à jamais la vie d’un jeune homme un peu taciturne, prisonnier des attentes de ses parents. Elliot, personnage principal diablement attachant, va au fil du récit se découvrir, s’assumer. Il va se retrouver au cœur d’un évènement qui dépassera de loin tout ce dont il aurait pu rêver. Et l’excitation est plus que jamais de mise.




 

Pour montrer la vitesse à laquelle Woodstock s’est déployée, l’agitation que la manifestation a suscité dans White Lake, Ang Lee emploie judicieusement le procédé (par moments) du split screen. Cela nous donne bel et bien l’impression d’être au cœur d’une machine folle, que des tas de choses se passe, que certaines nous échappent sans jamais enlever un certain émerveillement. Il y a dans la mise en place de ces 3 jours de fête quelque chose d’assez magique et de libérateur. On retrouve avec plaisir l’esprit hippie grâce à quelques personnages secondaires, tendres et décalés. La photo du film est colorée, soignée, avant de céder vers la fin à un certain psychédélisme de circonstance.

 

Plutôt que de livre un long-métrage académique, Ang Lee préfère montrer comment la musique peut changer des vies. C’est aussi et surtout une déclaration d’amour à tous les festivals qui nous plongent dans une ambiance particulière le temps de quelques jours, comme si la terre s’était arrêtée de tourner. Un film d’ambiance extrêmement attachant doublé de l’itinéraire d’un jeune homme en quête de lui-même.




 

On comprend en effet progressivement qu’Elliot a des choses à régler du côté de sa sexualité : la gente masculine est loin de le laisser indifférent. Tandis que le film est une véritable montée en puissance face à la mise en place de Woodstock, il en va de même pour les désirs d’Elliot qui finissent par s’exprimer pour notre plus grand bonheur lors d’une très belle scène de roulage de pelles ou de plan à trois sous acide.

 

Indéniablement un film maitrisé, documenté, qui ne manque pas d’humour et de cœur. Un excellent divertissement qui nous rappelle qu’en 1969 des gens rêvaient bien de musique, de liberté, de partage. L’envie de donner du bonheur aux gens, gratuitement, que tout le monde fusionne l’espace d’un instant, peu importe le genre, les préférences sexuelles, la condition sociale. C’est beau et ça n’existe plus qu’au cinéma. Alors faites-vous plaisir !

 

Film sorti le 23 septembre 2009

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