Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Fox
Ashoke était un homme sans réels objectifs. Après être sorti vivant d'un violent accident de train et illuminé par les romans de Gogol ,l'auteur russe, il a décidé de voyager, de mener une nouvelle vie loin de l'Inde. Une fois installé aux Etats-Unis, il revient de temps en temps dans sa terre natale, notamment pour se trouver une femme. Il va décrocher le gros lot en épousant par convenance la douce Ashima. Jolie et timide, elle va tout faire pour être une femme et une mère modèle. Mais s'intégrer va s'avérer pénible pour elle. Un soucis que ne connaitront pas ses enfants. Un fils, une fille. Le fils, chouchou de son papa, s'appelle Gogol. Un prénom un brin difficile à porter, c'est pourquoi on lui donne le choix de le changer quand il est à l'école primaire. Mais il décide de le garder, fier de ses origines. Lorsque la vie étudiante va débuter pour lui, la fierté ne sera plus là. Contrairement à sa mère , Gogol s'est très bien adapté à l'American way of life. Sa double culture va lui apparaitre comme un handicap , c'est pourquoi il va se faire appeler autrement auprès de sa nouvelle petite amie américaine, une blondinette issue d'un milieu huppé. Aveuglé par son désir d'être un américain comme les autres, le nouveau Gogol va complètemet délaisser sa famille et ses racines. Jusqu'à ce qu'un malheur inattendu le force à revenir en Inde.
Un nom pour un autre est un véritable soap, sauf que d'habitude les soaps durent moins de 50 minutes et qu'ici le récit s'étalle sur deux heures. Un peu d'ennui donc , de temps en temps, dans ce feuilleton familial tout de même attachant. Le lien père-fils est en effet plutôt bien traité et la réalisatrice a pris le temps de creuser à fond chacun de ses personnages sans tomber dans les clichés. Dans ce long-métrage, il semble difficile d'être soi-même, d'aller au delà des apparences (exemple de la vieille amie moche devenue une bimbo chaudasse). Mira Nair prend le risque de rendre parfois détestable son personnage principal et c'est tout à son honneur. Gogol se cherche, perdu entre deux cultures, deux noms. Si la mise en scène est ultra classique et que le thème de l'identité est un peu trop rabâché lourdement, l'ensemble reste agréable avec un côté Bollywood assez mignon. Un peu de guimauve de temps en temps ça fait du bien non ?