Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Colifilms Diffusion
La caméra va dans tous les sens, on distingue des mouvements, des draps, deux corps. Ce ne sont bien que deux corps, deux corps qui se sont trouvés à la fin d'une soirée. Une pure attirance physique qui a mené deux inconnus dans un motel pour une jouissive partie de jambes en l'air. L'affaire terminée, les corps en sueur, ils sont presque prêts à se dire au revoir. Et puis, chacun réalise qu'il ne connait pas le nom de l'autre. En la Cama est le portrait d'une génération désilusionnée, devenue adepte du "one shot" (en d'autres termes "coup d'une nuit"). Ou peut être juste le portrait de vrais édonistes. Un homme, une femme : voilà que Bruno et Daniela font connaissance. Ils se taquinent, fument des cigarettes, se découvrent. La véritable mise à nue commence, celle qui peut parfois blesser. Matias Bize, le réalisateur, offre des dialogues simples , des conversations que l'on pourrait tous avoir dans pareille situation. Et comme c'est souvent le cas dans ce type de films, les choses les plus anecdotiques deviennent passionnantes. Peut être parce que l'on s'y retrouve, qu'on s'identifie à Bruno et/ou Daniela. Peut être aussi parce que l'on a l'impression d'être dans ce lit et d'être face à l'un d'eux. On ne sait jamais vers quoi la discussion va s'orienter, ni quelles seront les réponses qui sortiront de leur bouche.
D'abord ils se découvrent. Le partenaire sexuel se révèle être une personne intéressante. La complicité se créée, comme un coup de foudre après coup. Et puis on décide de s'envoyer de nouveau en l'air, en appréciant plus la chose puisque maintenant on sait avec qui on fusionne. Plus de flous ,donc, du côté de l'image. Ca pourrait donc être l'amour. Mais peut-on finalement connaitre une personne en une nuit ? Des doutes surgissent, chacun abat ses cartes. Les rires laissent place à des mensonges dévoilés, à des déceptions. A un moment, on frole même la grosse crise. En moins d'une heure trente, En la Cama nous amuse, nous fais tomber amoureux, nous met face à des désillusions,des doutes. Une palette d'émotion qui transporte. Gonzalo Valenzuela et Blanca Lewin se mettent à représenter peut être nos partenaires d'aujourd'hui ou d'hier. Il est rare d'avoir de tels coups de foudre pour des personnages. Pour la peine, on pardonnera au film de parfois tomber dans la facilité en utilisant split-screen et divers ressorts plus ou moins dramatiques parfois maladroits. Ce film, c'est comme l'amour : ce n'est pas parfait mais on ne peut y résister. Papillons dans le ventre à la sortie garantis.