Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Wild bunch
Claudio est jeune, Claudio est bogosse, Claudio est socialiste, Claudio est sportif. Mais Claudio n'a pas de chance. Un beau jour, des militaires débarquent dans sa maison argentine pour le kidnapper, prétendant qu'il est un dangereux révolutionnaire. Et c'est ainsi que notre argentin chevelu se retrouve dans une prison clandestine où ,comme lui, des hommes sont accusés et torturés sans véritable raison. La paranoïa et l'impatience de ces militaires les poussent à être des bourreaux de plus en plus violents. Dans la promiscuité des cellules, les prisonniers rêvent d'évasion. Certains balançent des faux noms pour faire croire qu'ils collaborent à une chose qu'ils ignorent, d'autres résistent et tentent de garder leur honneur. C'est parti pour 120 jours d'enfermement !
Buenos Aires 1977 est un film qui pourra peut être traumatiser les personnes sensibles. Les personnages masculins sont sujets à des tortures et autres humiliations et tout cela avec la plus grande gratuité du monde. On sent que le réalisateur, Adrian Caetano, a envie de nous faire partager son cri d'injustice. Une injustice qui fut malheureusement bien réelle dans le Buenos Aires de 1977. L'acteur principal, Rodrigo De la Serna , est parfait dans la peau d'un mec gentil qui espère la liberté et donne toute sa chair à la caméra. Ses partenaires de jeux sont également impressionants. A certains moments, entre sensualité des corps et répulsion violente, cette oeuvre fait penser au chef d'oeuvre de Pasolini : Salo. Mais juste à certains moments. Car si Buenos Aires 1977 est un film assez efficace, c'est avant tout un long-métrage très linéaire et académique. Le réalisateur ne fait pas preuve d'une réelle personnalité. Il essaie, multipliant les effets un peu grossiers. A la longue, on commence à se lasser de ces enchainements d'humiliations, toujours montrés de la même façon. Oui, malgré la violence de certains plans, Buenos Aires est parfois trop sage. On étouffe pas, la tension ne se ressent pas et le scénario ne semble pas super travaillé.
Heureusement pour le spectateur, sur sa dernière demi-heure (là où la tentative d'évasion a lieu) le film décolle et nous apporte tout ce que l'on demandait depuis le début. Une véritable tension, une panique générale, de l'action, de l'émotion. Buenos aires avait le potentiel d'un grand film et dans les mains d'un autre cinéaste il aurait peut être marqué son temps. Ce n'est pas avec Adrian Caetano que ça arrivera. Attention, toutefois le film a "quelque chose" et témoigne d'un sujet assez fort pour que l'on s'y penche.