Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédit Photo : Pathé Distribution
Jamal Malik (Dev Patel), 18 ans, s’apprête à prendre une belle revanche sur la vie. Lui qui a grandi dans les taudis de Mumbai est sur le point de gagner la plus grosse somme du jeu Qui veut gagner des millions ? (soit 20 millions de roupies). Un jeune fauché qui parviendrait à répondre à toutes les questions ? La production, le présentateur et la police trouvent cela trop louche. Alors voilà que Jamal se retrouve en détention, suspecté de tricherie. Il va expliquer comment il est parvenu à aller si loin dans le jeu. Ainsi, chaque nouvelle question correspond à un passage clé de sa vie. Une enfance insouciante, la mort de la mère, l’errance dans les bidonvilles, la petite délinquance, le premier amour…Plus Jamal se dévoile, plus on comprend à quel point sa vie a souvent rimé avec le tragique. Peut-il vraiment caresser l’espoir de devenir millionnaire et changer de vie ? Ce garçon humble ne semble pas vraiment se poser la question : la seule chose qui l’intéresse c’est que la fille qu’il aime, Latika (Freida Pinto), regarde l’émission et ainsi puisse le retrouver…
Danny Boyle est un cinéaste qui semble être toujours là où on ne l’attend pas. Multipliant les genres différents, passant du film générationnel trashy (Trainspotting) au film d’action SF (Sunshine) et maintenant à une adaptation de best seller indien. Slumdog Millionaire est en effet l’adaptation du livre de Vikas Swarup « Les fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint millionnaire » (voilà de quoi rompre tout suspense !) Je l’avoue, je suis allé à reculons à la séance. L’idée qu’on puisse faire un film articulé autour de Qui veut gagner des millions ? me laissait perplexe. Et pourtant… si ce nouveau long-métrage de Danny Boyle ne manque pas de défauts (réalisation clipesque et souvent trop speed, un côté légèrement moralisateur avec un inévitable happy end) force est de constater que j’ai passé un très bon moment.
Ce qui m’a particulièrement touché, c’est tout le récit de l’enfance de Jamal. Une enfance bousculée par la mort de la mère, une enfance violente où Jamal et son grand frère vont se retrouver abusés par une bande d’adultes sans scrupules. C’est en ces jours sombres que Jamal rencontre l’amour de sa vie, Latika. Tout le film suit cette romance impossible qui ne manque pas d’intensité et à de nombreux moments l’émotion nous submerge. Si cette œuvre aseptisée souligne chaque temps fort, prend un peu le spectateur pour un assisté, elle n’en reste pas moins très divertissante et parfois passionnante. On retiendra surtout un subtil mélange entre portrait d’une enfance malmenée, fond politique et petites pointes d’humour sur la télévision et la société en général. Danny Boyle semble complètement assumer le côté guimauve et kitsch du projet (preuve en est ce générique de fin très second degré) , il s’amuse et pour le coup nous aussi. En prime, la prestation de Dev Patel, acteur repéré dans les deux premières saisons de la série Skins où il campait le rôle d’Anwar.