Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Crédits Photos : Memento Films
Dans une petite communauté rurale de l’Angleterre, nous découvrons le quotidien de jeunes paumés d’une vingtaine d’années ainsi que celui de personnes âgées. Tous ont en commun une terrible solitude et une détresse affective.
Gail est agoraphobe et partage sa maison avec sa grand-mère souffrante. La première tente d’oublier son mal-être en bouquinant, la seconde reste toutes ses journées au lit en pensant à son seul amour, désormais décédé.
Rob doit composer avec le tragique décès de sa petite amie, morte d’une overdose. Il prend alors de plus en plus de drogues.
M.et Mme Galdwin ont la soixantaine malheureuse. Le mari ne parvient toujours pas à pardonner à son épouse une vieille infidélité.
Un couple d’ado se fait des promesses d’amour et se drogue, un autre couple se sépare violemment pour une histoire de coucheries…

Sans trop m’avancer, je peux vous dire que Better Things est le film le plus déprimant que j’ai vu depuis des années. Le réalisateur Duane Hopkins nous plonge dans une infinie tristesse par le biais de portraits d’ados drogués et de petits vieux heurtés par la vie. 93 minutes de déprime, de colère et aucune lueur d’espoir. Voici un film qui va vraiment au bout de son propos : montrer l’extrême mal de vivre d’une poignée de gens enfermés dans une campagne certes belle mais d’un ennui poussant inévitablement vers la dépression ou d’autres phobies ou maladies diverses. Usage de la drogue banalisé, corps qui s’oublient, liens fragilisés…Better Things est un film dont on ne ressort pas indemne et qui ne pourra que susciter de vives réactions.
Duane Hopkins prend son temps, livre une œuvre entre naturalisme et artifices et prouve au final qu’il dispose d’une incroyable maitrise. Nous aussi, sur notre fauteuil, on s’égare, on broie du noir et on se dit qu’il n’y a finalement rien à comprendre ou à faire : le mal est là, les solutions comme inexistantes. Avec un travail remarquable sur le son, ponctué de petites audaces formelles, ce long-métrage très dramatique et d’une profonde sensibilité révèle un auteur à suivre. On peut en effet bel et bien parler de courage ici : Better Things est un grand cri du cœur, un projet difficile qui ne cherche jamais à se faire vraiment aimer mais qui au final heurte et sème le trouble. A découvrir et « savourer » si votre état mental vous le permet (sinon prévoyez le Xanax).