Carnet de route culturel (cinéma, musique, séries, art) et futilités. Et aussi une sélection cinéma gay (Gay themed movies, films LGBT)

Copyright : Pyramide
UN FILM DE CATHERINE CORSINI
La nuit dans une grande maison moderne et bourgeoise. Un couple au lit. L’homme, Samuel (Yvan Attal), ronfle ; la femme, Suzanne (Kristin Scott Thomas) se lève. Un coup de feu retentit. Retour dans le temps, six mois plus tôt. Suzanne et Samuel forment un couple heureux dans sa routine. Une routine que casse Suzanne en décidant de se mettre à travailler et d’ouvrir un cabinet de kiné (entièrement financé par son conjoint). Le cabinet sera construit chez elle, les ouvriers s’attèlent à la tâche. Elle se lie peu à peu avec un des hommes du chantier, Ivan (Sergi Lopez). C’est un homme bon au passé trouble (il a fait de la prison). Une succession d’évènements les amènent à se lier et voilà qu’Ivan tombe amoureux de la bourgeoise en quête d’émancipation. D’abord troublée par cette découverte, Suzanne va finalement se jeter à corps perdu dans cette liaison quitte à chambouler toute sa vie…
Et encore une histoire d’adultère pour le cinéma français ! On a de quoi se méfier en découvrant ce nouveau film de Catherine Corsini. On y retrouve de nombreux clichés : le couple bourgeois qui vole en éclat, Madame qui craque pour le prolo au cœur tendre, «L’amour est plus fort que l’argent »…Certaines situations prêtent à sourire malgré elles tandis que la musique souligne chaque émotion. Autant dire que Partir n’apporte rien de nouveau dans le cinéma dit d’auteur (dont il retient essentiellement les clichés plutôt que l’ambition). Pourtant il y a bel et bien quelque chose qui ressort au milieu des dialogues et situations éculées.

Si la cinéaste ne prend pas assez le temps de poser son couple maudit (le mari devient subitement un enfoiré et la femme tombe amoureuse d’un coup sans qu’on comprenne trop pourquoi) , ses interprètes parviennent à donner corps à des personnages très typés. Les scènes d’intimité entre Kristin Scott Thomas et Sergi Lopez sont ainsi particulièrement réussies et donnent la piste d’une attirance avant tout charnelle, animale, instinctive. La première partie du film opte d’ailleurs pour un enchainement de scènes plus ou moins brèves, de moments plus ou moins suspendus. Comme les battements d’un cœur qui s’arrêtent pour mieux reprendre dans de nouveaux bras.
Portrait d’une femme qui ose tout quitter par amour et dont le mari jaloux fera tout pour l’empêcher de renaitre, Partir se suit sans déplaisir et est ponctué de moments plus ou moins intenses. Si la musique et certaines situations convoquent Truffaut, Catherine Corsini ne parvient toutefois pas à égaler cette référence. La faute avant tout à un scénario qui semble se chercher. Reste une histoire d’amour et de vengeance assez divertissante et parfois touchante qui pourra trouver un écho auprès des amateurs du genre.
Sortie en salles le 12 août 2009